Parc solaire flottant : produire de l’électricité sur l’eau

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Parc solaire flottant

Connaissez-vous le solaire flottant ? Après les toitures, les champs et même les sacs à dos des randonneurs, les panneaux photovoltaïques partent désormais à la conquête des plans d’eau. Lacs de carrière, bassins de rétention, retenues d’eau : autant de surfaces jusqu’ici inexploitées qui se transforment en véritables centrales électriques. Une innovation dans laquelle la France, décidément pionnière en matière d’énergie solaire, joue un rôle de premier plan.

Qu’est-ce qu’un parc solaire flottant ?

Un parc solaire flottant, aussi appelé centrale photovoltaïque flottante, est une installation composée de panneaux solaires montés sur des flotteurs en plastique recyclable. Ces flotteurs sont assemblés entre eux pour former de grandes plateformes, appelées îlots, qui reposent directement à la surface de l’eau.

Le principe de production d’électricité reste identique à celui d’une installation classique : les cellules photovoltaïques captent le rayonnement du soleil et le transforment en courant électrique. Seul le support change. Des câbles sous-marins acheminent ensuite l’électricité produite vers la berge, où elle est injectée dans le réseau.

Pour résister au vent, aux vagues et aux variations du niveau de l’eau, les îlots sont maintenus en place par un système d’ancrage fixé au fond ou sur les berges. Les installations sont conçues pour durer une trentaine d’années, comme les parcs solaires terrestres.

Pourquoi installer des panneaux solaires sur l’eau ?

À première vue, l’idée peut surprendre. Elle répond pourtant à un enjeu bien réel : le foncier. Développer l’énergie solaire à grande échelle demande de vastes surfaces, et celles-ci se font rares, surtout lorsqu’on souhaite préserver les terres agricoles et les espaces naturels.

Le solaire flottant apporte une réponse astucieuse en valorisant des plans d’eau artificiels sans autre usage : anciennes gravières, lacs de carrière, bassins industriels ou réserves d’irrigation. Les avantages sont nombreux :

  • Aucun conflit d’usage des sols : les panneaux n’empiètent ni sur les cultures, ni sur les forêts, ni sur les zones constructibles.
  • Un meilleur rendement : l’eau rafraîchit naturellement les panneaux, or les cellules photovoltaïques produisent davantage lorsqu’elles ne surchauffent pas.
  • Moins d’évaporation : en couvrant une partie du plan d’eau, les panneaux limitent l’évaporation, un atout précieux pour les réserves d’eau en période de sécheresse.
  • Une seconde vie pour des sites délaissés : une ancienne carrière inondée, difficile à valoriser autrement, devient une source de revenus pour son propriétaire.

C’est d’ailleurs tout un secteur qui s’est structuré autour de cette opportunité. Des développeurs spécialisés proposent aux propriétaires fonciers, aux collectivités ou aux exploitants de carrières d’installer un parc photovoltaïque au sol ou flottant sur leurs terrains ou leurs plans d’eau. Le modèle est souvent celui du tiers-investissement : le développeur finance, construit et exploite la centrale, tandis que le propriétaire perçoit un loyer pendant toute la durée d’exploitation, généralement 30 à 40 ans, sans rien débourser.

Les limites à connaître

Comme toujours en matière d’énergie, il n’existe pas de solution miracle, et le solaire flottant a aussi ses contraintes.

Le coût d’installation, d’abord, reste supérieur à celui d’un parc au sol : flotteurs, ancrages et câblage étanche renchérissent la facture. Cet écart tend toutefois à se réduire à mesure que la filière gagne en maturité.

L’impact sur les milieux aquatiques, ensuite, doit être étudié avec soin. En réduisant la lumière qui pénètre dans l’eau, les panneaux peuvent modifier la vie du plan d’eau. C’est pourquoi les projets se concentrent sur des plans d’eau artificiels à faible enjeu écologique, ne couvrent jamais la totalité de la surface et font l’objet d’études environnementales préalables.

Enfin, la maintenance en milieu aquatique est plus délicate : les interventions se font en barque et les équipements doivent résister durablement à l’humidité.

Le solaire flottant en France : une filière qui décolle

La France fait figure de pionnière en Europe. C’est à Piolenc, dans le Vaucluse, qu’a été inaugurée en 2019 la première grande centrale solaire flottante du pays : baptisée O’MEGA1, elle déploie 17 MWc de puissance sur un ancien lac de carrière.

Changement d’échelle en juin 2025 avec l’inauguration, en Haute-Marne, de la plus grande centrale solaire flottante d’Europe : Les Ilots Blandin. Installée sur d’anciennes gravières, elle aligne plus de 135 000 panneaux photovoltaïques sur 127 hectares, pour une puissance de 74,3 MWc. De quoi couvrir la consommation électrique d’environ 37 000 personnes et éviter le rejet de 18 000 tonnes de CO2 par an.

Et le potentiel est loin d’être épuisé : la France compte des milliers de plans d’eau artificiels issus de l’exploitation de granulats, dont une partie pourrait accueillir des panneaux dans les années à venir.

Pour conclure

Le parc solaire flottant illustre parfaitement l’inventivité de la filière photovoltaïque : produire une électricité propre sans consommer un mètre carré de terre agricole, tout en offrant une seconde vie à des plans d’eau délaissés. Une logique que les lecteurs de ce site connaissent bien : qu’il s’agisse de cuire un plat dans un four solaire ou d’alimenter 37 000 personnes depuis un lac de carrière, c’est toujours la même énergie gratuite et inépuisable qui est à l’œuvre. Il ne reste plus qu’à la capter, sur terre comme sur l’eau.

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